Mycotoxines - La gestion d’un problème persistant

Les éleveurs de bétail et de volaille sont tous conscients de la présence de mycotoxines potentiellement nocives dans les grains. Il semble que tous les jours, on voit passer un nouveau rapport déclarant le dernier point chaud pour la contamination par les mycotoxines. Alors, pourquoi a-t-on soudainement l'impression que les mycotoxines sont présentes partout? Les rapports sont une des principales raisons de la concentration accrue sur la contamination par les mycotoxines. Il existe de plus en plus de données sur les effets néfastes que même de faibles concentrations de mycotoxines peuvent avoir sur la production animale. Avec cette prise de conscience accrue, l'accent est désormais mis sur les signes et symptômes de contamination par les mycotoxines et sur ce que les producteurs peuvent faire pour atténuer leur impact.

Corn falling into grain bin

Avant de pouvoir parler des mycotoxines, nous devons définir le terme. Les mycotoxines sont un métabolite produit par les moisissures. Le mot est dérivé de deux mots grecs: mykes, qui signifie champignons ou moisissures, et toxikon, qui signifie poison.1,2 Il est important de se rappeler qu’il n’existe pas deux moisissures identiques. Toutes les moisissures ne produisent pas de toxine et certaines espèces de moisissures produisent différentes mycotoxines. Comme il y a des milliers d'espèces de moisissures, il y a aussi des milliers de mycotoxines.

En Amérique du Nord, les éleveurs de bétail et de volaille doivent porter attention à cinq principales mycotoxines: l’aflatoxine, la fumonisine, la zéaralénone, la toxine T-2 et le déoxynivalénol.

Aflatoxine – un groupe de substances chimiques produits soit par l’espèce de moisissures Aspergillus flavus et Aspergillus parasiticus. Les aflatoxines sont nocives ou mortelles pour le bétail et sont considérées comme cancérigènes pour les animaux et les humains.3 En raison de son potentiel cancérigène, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a établi un «seuil d'intervention» de 20 parties par milliard (ppb) pour l'aflatoxine dans le maïs. Les décès dus à l'aflatoxine sont rares, mais la consommation de grains contaminés par l'aflatoxine réduit l'efficacité de l'alimentation et les performances de reproduction. Cela peut également avoir un impact sur la capacité du système immunitaire à combattre les maladies infectieuses.

Fumonisine – comme l'aflatoxine, il s'agit également d'un groupe de substances chimiques produits par plusieurs espèces de moisissures; Fusarium moniliforme (F. verticillioides), F. proliferatum et d'autres espèces de Fusarium.4 Chez les chevaux, la leucoencéphalomalacie est provoquée par la contamination à la fumonisine. Chez le porc, les grains contaminés par la fumonisine peuvent causer un œdème pulmonaire. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a publié un document d'orientation sur les «concentrations maximales recommandées de fumonisines dans l'alimentation humaine et animale».

Zéaralénone – dans des conditions humides, la moisissure Fusarium graminearum peut se développer sur le blé, le maïs et l’orge et peut produire de la zéaralénone. La zéaralénone, en raison de sa structure similaire à celle de l'œstradiol, peut agir comme l'œstrogène chez les animaux d'élevage. L'œstrogénisme dû à la zéaralénone a d'abord été cliniquement reconnu comme une vulvovaginite chez les cochettes prépubères nourries avec du maïs moisi.5 Chez les bovins, des concentrations de zéaralénone supérieures à 10 parties par million (ppm) peuvent avoir un impact négatif sur la reproduction des génisses, tandis que les vaches matures peuvent tolérer des niveaux allant jusqu'à 20 ppm.5 La volaille est beaucoup moins susceptible à la contamination par la zéaralénone.

Toxine T-2 – Cette toxine fait partie des trichothécènes, une classe importante de mycotoxines produites par des moisissures appartenant à des genres non apparentés sur le plan taxonomique, telles que Fusarium, Myrothecium et Stachybotrys.6  La toxine T-2 peut causer un large éventail de problèmes chez le bétail et la volaille, notamment la perte de poids, la diminution du nombre de globules sanguins et de leucocytes, la réduction de la glycémie et des modifications pathologiques du foie et de l'estomac.6 Les producteurs de volaille connaissent bien cette toxine, car elle est souvent associée aux lésions de la bouche chez les poulets de chair. Comme la toxine T-2 est une mycotoxine de trichothécène, on la trouve souvent dans des échantillons de grain avec le déoxynivalénol.

Déoxynivalénol – cette toxine est également appelée DON ou vomitoxine. On l’appelle vomitoxine, car le DON peut provoquer un refus d’alimentation chez le bétail et entraîner des vomissements. Il est le plus souvent produit par le champignon Fusarium graminearum, responsable de la fusariose de l'épi, ou gale des petites céréales.7 L'ACIA a mis en place des niveaux de surveillance pour promouvoir la salubrité des aliments destinés à la consommation humaine et animale. Les recommandations actuelles concernant les aliments pour animaux comprennent 1 ppm pour les porcs, les jeunes veaux et les vaches laitières en lactation et 5 ppm pour les bovins et la volaille.8

En fin de compte, tant que nous utiliserons le grain dans l’alimentation animale, les mycotoxines continueront de poser un problème pour les producteurs de bétail et de volaille. Prendre conscience des principales toxines, connaître les signes et les symptômes de ces toxines et connaître les niveaux d'action de l'ACIA est un bon début pour apprendre à gérer les mycotoxines. Presque tous les services de vulgarisation universitaires produisent des documents pour aider les producteurs à apprendre à prévenir ou à minimiser la production de mycotoxines. S'adresser à ces professionnels, votre vétérinaire ou votre nutritionniste est un bon point de départ pour lutter contre ce problème persistant.

 

 

Références

1Harper, Douglas. Online Etymology Dictionary found at https://www.etymonline.com/search?q=myco on April 27, 2018.
2Harper, Douglas. Online Etymology Dictionary found at https://www.etymonline.com/search?q=toxin on April 27, 2018.
3Hurburgh, Charles, et al. 2012. Aflatoxin in Corn. Iowa State University Extension and Outreach publication PM1800.
4United States Food and Drug Administration. Fumonisins. Accessed on April 27, 2018 at https://www.fda.gov/AnimalVeterinary/Products/AnimalFoodFeeds/Contaminan....
5Merck Veterinary Manual. 2018. Estrogenism and Vulvovaginitis. Accessed on April 27, 2018 at https://www.merckvetmanual.com/toxicology/mycotoxicoses/estrogenism-and-....
6T-2 Toxin, a Trichothecene Mycotoxin: Review of Toxicity, Metabolism, and Analytical Methods Yanshen Li, Zhanhui Wang, Ross C. Beier, Jianzhong Shen, David De Smet, Sarah De Saeger, and Suxia Zhang Journal of Agricultural and Food Chemistry 2011 59 (8), 3441-3453 DOI: 10.1021/jf200767q.
7Friskop, Andrew & Ransom, Joel. 2017. Deoxynivalenol (DON) in Small Grains. North Dakota State University Extension Service publication PP1302.
8CVM Compliance Program Guidance Manual 7371.003.

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